Pockemon Crew : Silence, on tourne.

Pockemon Crew : Silence, on tourne.

Avant tout, une brève présentation du Pockemon Crew s’impose. Tout le monde ne connaît pas encore forcément ce crew de Breakdance. Quoi de mieux que de laisser parler leur palmarès ? Deux titres de Champion de France BOTY, un titre de Champion d’Europe et trois titres de Champion du Monde. Et cela sans compter les récompenses individuelles (oui, Lilou, entre autres, compte deux titres Red Bull BC One). Vous l’aurez compris, nous parlons de très très haut niveau.

Le Pockemon Crew présentait, avant-hier, à La Cigale, sa dernière création : Silence, on tourne. Titre évocateur. La rencontre du Hip-Hop et du cinéma New-Yorkais des années 30-40. La première question que l’on peut se poser : comment le crew va-t’il réussir à assimiler, mélanger, cet univers avec celui du Break ?

La réponse se trouve surement dans l’ingéniosité du directeur artistique du crew, Riyad Fghani, qui a su trouvé ce juste mélange brisant les préjugés autour de la culture Hip-Hop. Rangez vos idées toutes faites, les danseurs du Pockemon Crew sont réellement loin d’être cantonnés à leur discipline de prédilection. Ils ont réussi à incorporer leurs pas de break dans un univers de Jazz, Soul, Funk tout en plaçant des moves de Charleston (en accord avec la thématique du spectacle) ou de claquettes sans que cela ne choque personne. La fluidité des mouvements y est pour beaucoup. Imaginez  Charlie Chaplin, oui Charlie Chaplin, qui se décide à faire un salto sur place sans pression ou, allez, soyons fous, une petite coupole. Un des moments les plus émouvants du spectacle reste le solo d’Hafid Sour. Tout était réuni, au niveau de l’éclairage et de la musique pour provoquer une vive émotion dans le public. De la pure poésie avec, pour seul outil de langage, son propre corps. Bon, quand tu es un spécialiste du Flexin & du Poppin, cela aide beaucoup. Pari réussi.

Quant aux rôles tenus, ils sont en parfait accord avec le monde cinématographique, allant du réalisateur (interprété par Riyad Fghani) jusqu’au balayeur du plateau, qui amène notamment une touche humoristique au spectacle, rêvant lui aussi d’atteindre les sommets. Tout ce beau monde nous ayant, nous le public, pour figurants d’un soir. Les différences de gabarit (allant du géant musclé au petit mince), ou même de spécialités, apportent au final une complémentarité rare. Au passage, ne sous-estimez jamais le Bboy Niggaz, ce n’est peut-être pas le plus stock, mais qu’est-ce qu’il est impressionnant, tenant des équilibres très surprenants. Si j’avais un adjectif pour résumer ce spectacle, cela serait sans doute complet. Car, oui, comment ne pas avoir un spectacle du Pockemon Crew sans la présence de Lilou & Brahim Zaibat ? (Oui, c’est bien le boyfriend de Madonna, dans Danse avec les Stars, mais pas de place pour ça, ici, c’est avant tout un membre incontournable du Pockemon Crew). Retour à la base du crew, le breakdance, pour la clôture du show de façon festive. Une sorte de salut du public version Hip-Hop, on ne va pas s’en plaindre. Standing ovation bien méritée.

 

Gabz & Ntoyi.

Remerciements à Ephelide pour leur invitation au spectacle.

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