Le Tour Du Monde Du Hip-Hop #9 - Afrique du Sud

Le Tour Du Monde Du Hip-Hop #9 – Afrique du Sud

Neuvième arrêt dans notre tour du monde du Hip-Hop, L’Afrique du Sud, pays placé à l’autre extrémité de notre planisphère.

C’est dans le début des années 80, à Cape Town, que l’on retrouve les premières traces du hip-hop et de la culture urbaine en général dans le pays au drapeau arc en ciel. L’arrivée du mouvement provient des liens étroits qu’ont entretenus les noirs américains et les sud-africains durant tout le 19e siècle. Donc, en toute logique, quand le rap émerge aux États-Unis, il émerge également en Afrique du Sud par le biais de ces échanges. Mais jusqu’en 1991, l’Afrique du Sud est sous le régime de l’Apartheid, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de la culture urbaine. Jusqu’à la fin du régime, la vente et la diffusion du rap américain sont contrôlées par le gouvernement. Ce qui explique pourquoi dans un premier temps le rap d’outre Atlantique était principalement écouté par les ados blancs issus des quartiers les plus favorisés tandis que le rap local était quant à lui écouté par les noirs des townships.

En Afrique du Sud, le peuple pauvre est fan de hip-hop, mais dans un pays où seulement 15% de la population est équipé d’internet, et ce taux est encore plus faible dans les quartiers pauvres, il est difficile pour les rappeurs sud-africain de diffuser et promouvoir leurs créations. Mais certains artistes ont trouvé une solution : en s’alliant avec MTN, le plus grand opérateur téléphonique du pays, ils ont créé une plateforme de téléchargement accessible depuis un mobile. Pourquoi la téléphonie mobile penserez-vous ? Tout simplement car sur place les téléphones portables sont très développés, et qu’une carte SIM ne coûte que quelques centimes.

Les lyrics sont imprégnés par les résidus de l’apartheid, comme la misère au sein des bidonvilles ou la violence dans les grandes villes. Le thème de la prolifération du Sida est aussi très présent, car l’Afrique du Sud est gangrené par cette maladie. La diversité des langues parlées dans le pays, on en dénombre onze principales, complique la compréhension des textes, car un rappeur qui kick dans son dialecte ne pourra pas être compris par tout le monde. C’est donc pour cette raison que la plupart des MC’s sud-africains rappent en anglais et/ou en afrikaans, ou d’autres, mélangent leurs dialectes avec l’anglais.

Certains artistes ont des textes plus positifs, il existe en Afrique du Sud, un style de musique appelé Kwaito, qui mélange la house, le hip-hop et dont les beats sont souvent accompagnés de percussions locales. C’est un style très original, qui mérite le détour, à découvrir juste au-dessous.

Au niveau des MCs qui comptent, on a Hip Hop Pantsula (HHP) qui est le rappeur le plus connu localement, il rappe principalement en anglais mais se tourner parfois vers l’afrikaans.

Jaak est aussi un rappeur important d’Afrique du Sud. Ses lyrics sont plutôt conscients et il dresse un portrait désolant des quartiers métisse du Cap et kick exclusivement en afrikaans. Dans ses musiques, il revendique aussi la culture métisse, qui pour lui n’est pas assez reconnue en Afrique du Sud.

Die Antwoord est un groupe sud-africain qui a fait beaucoup parler de lui avec ces chansons délirantes et venues d’un autre monde. Il est composé de deux MCs : Ninja et Yo-Landi Vi$$er, ainsi que d’un DJ, DJ Hi-Tek. Ils chantent principalement en afrikaans et utilisent un style de musique appelé Zef, c’est un genre de musique issus d’un courant contre-culturel, qui s’oppose à la pauvreté en sublimant des objets de pacotilles. On vous laisse découvrir leur univers au-dessous.

Street Way of Life. Hip-Hop Is A Fuckin’ World Shit !

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