Le Tour Du Monde Du Hip-Hop #4 - Le Maroc

Le Tour Du Monde Du Hip-Hop #4 – Le Maroc

Pour ce quatrième volet de notre tour du monde du Hip-Hop, nous vous présentons le rap marocain.

Pour trouver les premières traces du rap marocain, il faut remonter au milieu des années 80, et c’est de l’occident que le Hip-Hop arrive. Ce sont les marocains issus des vagues d’immigration en Europe qui ont véhiculé le genre lors de leur retour au pays. Cependant, la diffusion du rap souffrait et n’était pas très bien accepté dans le pays à cause de la monarchie en place à l’époque. Après l’assouplissement du régime au début des années 90, ce sera plus simple et le Hip-Hop pourra se développer tranquillement.

Les premiers dans le pays à avoir ramener le rap sont les membres du groupe Double A, originaire de Salé. C’est sous le label Adoua’ Al-Madina qu’ils sortent le premier album sur le sol marocain en 1996. En 1999, les rappeuses rentrent dans le game (bien que celles-ci forment une minorité). La première à le faire est Widad, une casablancaise membre du groupe Thug Gang Crew, suivie de Soultana et du groupe Bnat Bladi.

Comme on le disait plus tôt, lors des débuts, le rap était loin de faire l’unanimité. Comme dans de nombreux pays, l’étiquette de « musique de voyous » lui est collée et les clichés fusent. Ce genre est apprécié et pratiqué uniquement par les jeunes. Il faudra attendre un bout de temps avant qu’il soit exposé dans les médias et à la télé. Pour y remédier, de nombreux sites culturels dédiés au rap ont vu le jour. Le premier d’entre eux est www.dima-rap.c.laIl aura servi de rampe de lancement pour transmettre la culture dans le royaume. D’autres sites ont suivi ces traces : www.rapmaroc.orgwww.maroczik.com ou encore www.rapmorocco.com.

Au fur et à mesure, le rap marocain commença à être de plus en plus présent dans les grandes villes et leurs banlieues. Les textes peignent une image tristement réelle de la société. Un système inégalitaire et une liberté d’expression malheureusement très restreinte, une misère que beaucoup connaissent. Le chômage et le thème de la corruption, omniprésente, sont également abordés. Le premier à briser les tabous est Awdellil en 2003. Grâce à lui, de nombreux autres rappeurs ont suivis et on fait ce qui paraissait inconcevable : crier haut et fort ce que de nombreux marocains pensaient jusque-là tout bas. Les rappeurs utilisent le dialectique marocain appelé Darija (différent de l’arabe littéraire). Cette « langue de la rue » permet de créer une certaine proximité entre les rappeurs et les jeunes.

De plus en plus de rappeurs apparaissent dans le milieu et certains ont acquis une certaine notoriété. Parmi eux, Don Bigg, rappeur casablancais qui a explosé avec la sortie en 2004 de son premier album studio Mgharba Tal Lmout. Il est connu pour son franc-parlé et a su exporter sa musique à l’étranger avec des concerts en Europe et au Moyen-Orient. Le groupe originaire de Meknès H-Kayne a connu un grand succès avec le single Issawa Style, tout comme Fnaïre, groupe de Marrakech. Sans oublier Muslim, El Haqed, Masta Flow ou encore Chrif.

Aujourd’hui, le rap marocain est victime du téléchargement illégal, qui ne l’est pas vraiment là-bas, mais aussi du faible pouvoir d’achat de la population. Les maisons de disques hésitent donc à produire les rappeurs. Ces derniers obtiennent leurs cachets grâce à leurs productions sur scène et aux nombreux festivals organisés chaque année.

Hip-Hop : A Fuckin’ World Shit, l’équipe de Street Way Of Life !

Vous pouvez retrouver nos autres articles sur le Hip-hop dans le monde ici !

Share