Jahneration décode The Foreword !

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Parce que le hip-hop, c’est avant tout un mélange de cultures, d’univers et de styles, la culture du sampling parlera en notre faveur, nous avons décidé de vous faire découvrir un jeune groupe de reggae un peu touche à tout, Jahneration. Pour ce faire, nous avons écouté, exploré et essayé de comprendre leur première livraison, un EP six tracks intitulé The Foreword. Tout logiquement et afin d’aller plus loin, nous les avons contactés histoire qu’ils nous parlent de ce projet, qu’ils décrivent eux-mêmes, morceau après morceau dans cet article.

Vous serez forcément marqués par l’esprit du groupe qui, contrairement à cet enfermement que l’on retrouve trop régulièrement dans la musique de nos jours, cherche presque constamment à s’ouvrir sur de nouvelles sonorités. En témoignent les morceaux What A Bad Girl et Ghetto Youths, s’écartant respectivement vers le dancehall et le hip-hop, le temps de quelques mesures ou d’une track complète. Du côté des thèmes abordés, on retrouve un peu de tout. Un morceau qui met en valeur leur amour du reggae, mais au fond également de la musique dans son ensemble, un hymne profond au partage, une histoire de femme qui tourne mal ou une peinture de la vie de jeunes traînant dans les rues, cherchant en vain à réussir dans la vie quoi qu’il leur en coûtera. Dernier point important à mentionner avant de lire leurs déclarations et descriptions : l’importance de l’instrument dans leurs créations. Beaucoup de saxos, dont une merveilleuse perf’ de Miguel Yanover, de la guitare, en version acoustique pour clôturer l’EP, et des drums tapants et résonnant dans les tympans pour le morceau d’ouverture, Reggae Love.

Vous pouvez écouter entièrement leur EP The Foreword juste au-dessous, vous rendre sur leur Bandcamp, leur page YouTube et suivre leur actualité sur Facebook et Twitter. Pour ce qui est de leur projet, vous pouvez les soutenir en vous procurant le projet, dispo sur iTunes.

Reggae Love

Il s’agit d’une chanson mêlant le reggae et le hip-hop. Un beat boombap simple, le traditionnel skank du reggae, une ambiance sound system et une instru épurée. Nous avons dû enchaîner de longues sessions d’enregistrement avec JC, le frère de Théo, qui nous a aidé en enregistrant quelques notes de saxophone.  La chanson parle de notre amour du reggae avec une touche hip-hop, ce qui nous représente plutôt pas mal. C’était un thème inévitable pour notre premier projet.

What’s Up In My World

Ce son est une réédition de l’une de nos premières chansons, qui date de plusieurs années maintenant. C’est un morceau roots assez long. Un invité de marque est également présent pour nous accompagner, Miguel Yanover. Il est venu pour poser quelques parties de saxo, dont un solo étonnant de technique et de maîtrise de l’instrument. Un soir, il est venu au studio et nous a impressionné par la vitesse à laquelle il a compris le morceau et son ambiance générale. Il a carrément enregistré trois solos différents d’affilé et nous a ensuite laissé choisir celui qui nous paraissait le plus pertinent pour la track. Du coup, on a troqué les riffs de guitares blindés de distorsions pour les douces mélodies du saxo. Et faut dire que ça colle plus à l’esprit du morceau. Pour les chœurs, nous avons fait appel à une amie à la voix exceptionnelle. Théo a également enregistré des chœurs dessus.

What A Bad Girl

Celui-là, c’est un morceau plutôt récent. On l’a composé peu de temps avant la fin de la phase de création du disque. C’est du reggae dansant, rapide et jovial, c’est dans l’esprit des débuts du groupe. Nous avons pris beaucoup de plaisir à composer cette tune. Personnellement (c’est Théo qui parle), je me suis régalé à faire les chœurs car c’était la première fois qu’on en mettait autant. Une partie du morceau a un rythme un peu dancehall. Grande première pour un son made in Jahneration ! Le morceau parle d’une relation entre un homme et une femme qui se finit mal. Les paroles sont un peu ironiques dans ce semblant de gyal tune. On vous conseille de l’écouter en été, c’est propice à la saison (rires). Le solo de piano groovy rajoute un petit plus exotique et dansant.

Let Jah Be Praised

C’est le seul featuring de l’EP. On avait repéré récemment Ramy Raad et sa voix hors du commun. Du coup, tout naturellement, l’idée de faire un morceau à ses côtés nous est venue et s’est présentée. Ça a donné Let Jah Be Praised. La track est deep, vraiment dans un conscious style, rempli de messages d’espoir et d’amour fraternel. Il encourage à saisir les chances qui se présentent, rester solidaires et ne pas perdre espoir. Ce sont les thèmes fédérateurs évoqués dans ce morceau. Encore une fois, c’est JC qui s’est collé au saxo afin d’enrichir la section instrumentale. Et puis, c’est une rencontre enrichissante tant au niveau humain que musical. La France a beaucoup de talents et c’est de notre devoir d’en parler et de les partager à notre échelle ! Ce featuring rentre dans la même logique que ceux que nous avions fait avec Marion ou Naaman, c’est-à-dire partager des good vibes avec des artistes de qualité dans le but d’apporter des couleurs différentes à nos chansons. On apprécie le partage musical et la découverte de l’autre à travers cet art.

Ghetto Youths

C’est un morceau hip-hop. Le seul où je (c’est Ogach qui parle) pose un couplet rappé. Ça nous tenait à cœur de mettre ce son dans le disque car nous avions déjà sorti une preview sur YouTube qui avait l’air de plaire. Nous l’avions également joué sur scènes, et il avait souvent du succès. Dans Ghetto Youths, on parle de ceux qui galèrent dans la rue, qui font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir. On dépeint le portrait de jeunes dans les couplets. Mais attention, ce morceau ne dit absolument pas que nous sommes des ghetto youths, au contraire ! Le seul but, c’est justement de parler d’eux, de se mettre dans leur peau le temps d’une track. On parle de ces vies différentes des nôtres et du fait que nous ne sommes pas à plaindre à côté d’eux. C’est, au niveau du beat, le son le plus complet. On a pris un furieux plaisir à foutre un paquet d’instruments dedans, à la fin il n’y avait même plus de place pour un autre arrangement !

Let’s Fly Away

L’EP se conclut sur ce morceau acoustique. A la base, ce n’était pas destiné à en être un mais on a trouvé que ça sonnait mieux avec une guitare simple, quelques percussions et les voix. C’était également pour finir le projet sur une touche naturelle, épurée, real ! Encore une fois, on rentre dans cette logique de changement de style, de diversité.

Stay Fresh, Touchy Beats !

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