Oddisee - Live Report

Oddisee – Live Report

Lundi soir c’était la soirée des premières. Première fois qu’on bougeait au Nouveau Casino pour apprécier un concert et la première fois qu’on allait goûter à un concert du phénomène du rap indépendant made in USA, Oddisee. Toutefois, ce n’était pas la première venue du rappeur pour un show à Paris, vu qu’il était déjà apparu sur scène aux côtés de The Left et Appolo Brown en 2011. Une année plus tard, le revoilà mais cette fois-ci c’est aux côtés de son live band et du chanteurOlivier Daysoul qu’il se présente sur scène.

En entrant dans la salle, on remarque rapidement le lien étroit que peuvent entretenir les artistes et le public dans ce genre de salle, ce qui est assez déroutant et assez plaisant à la fois. En écoutant les discussions des gens aux alentours, on y apprend qu’Oddisee se serait remplie la panse au grec d’à côté peu avant son apparition sur scène. La première chose qu’on se dit c’est que c’est vraiment un mec comme tout le monde, simple, qui semble se complaire dans les voyages qu’il effectue à travers le monde. En atteste même sa tenue, un bonnet rouge et une chemise en jean banale.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=v4pI6OF3OXY

Son arrivée sur scène s’est faite sur Ready To Rock, que je considère plus comme une petite oeuvre d’art qu’un morceau de rap que pourraient réaliser la majorité des rappeurs indé américain. Quant au public il était composé d’un mélange de néophytes et de connaisseurs. Cela s’est tout de suite ressenti au début du concert : pendant que certains chantaient les chansons qu’ils connaissaient par cœur, d’autres écoutaient, émerveillés, ce rappeur qu’ils commençaient à peine à découvrir. En témoigne ce morceau, dont je ne connais même pas le nom, mais que vous pouvez retrouver juste au-dessus et qui a réussi à ambiancé la petite salle parisienne. Avant le morceau, il s’est exprimé en demandant à ses musiciens de se donner à fond, d’ajouter chacun leur partie de la musique et nous a ensuite invité à participer avec lui à participé à ce morceau en balançant des Yo à répétition sur le refrain.

Lors du premier quart d’heure, Oddisee s’est trouvé être moins mobile qu’il ne le sera par la suite, mais rien de grave. Il s’est rapidement illustré en rappant à une vitesse exceptionnelle, en gardant un flow très distinct, sans jamais sembler avoir besoin d’un backeur, si ce n’est le public parfois, et en chantant la majorité des refrains avec les musiciens qui s’occupaient des choeurs. Il a également fait profiter au public de ses musiciens, chacun a eu le droit à une dizaine de minute de gloire. Le mec qui s’occupait du synthé est carrément rentré dans une sorte de phase d’extase, on aurait dit que son instrument et lui ne faisaient plus qu’un : merveilleux. Le batteur a, lui, eu droit à son petit moment de gloire vers la fin du concert, il nous a offert un solo « percutant » qui en a laissé plus d’un bouche bée. Quant à Olivier Daysoul, il s’est distingué en enchaînant quelques un de ses morceaux, dont Long Distance qui est à la base un morceau d’Onra Olivier n’apparaît qu’en featuring. En résumé, le fait d’amener un live band a donné une grande part de vie au concert, et c’est ce qui a rendu la communion entre les artistes et le public encore plus belle.

Mais Oddisee n’est pas seulement un musicien hors du commun, c’est aussi un homme exceptionnel. Après avoir expliqué que son père était venu du Soudan en 1967 afin d’avoir une vie meilleure aux USA, il nous a lâché une petite morale intéressante : son père s’est « Killed himself to make a living« . Comprendre par là que son père s’est sacrifié pour lui. Quand on vous dit qu’Oddisee est un homme exceptionnel, c’est du sérieux et ça se ressent bien dans sa musique également. Il nous a aussi narré qu’étant petit, il prenait le bus avec ses écouteurs sur les oreilles et qu’il freestylait comme un malade en écoutant le Wu-Tang ClanGangstarrou DJ Premier. Quand on sait que ces deux-là sont désormais assez proches, on ne peut qu’imaginer le petit gamin qui rêvait de percer et qui y est arrivé, de la plus belle des manières possible.

Le concert s’est achevé au bout d’une heure et demie pleine de joie, d’émotions, comme sur le morceau You Know Who You Are avec Olivier Daysoul et quelques moments de furie comme l’avant dernier morceau What More Can I Say avant un rappel réclamé à l’unisson par la foule. Vous pouvez d’ailleurs mater la version acoustique de ce morceau à la fin de l’article. On pourrait faire un bilan du concert, mais ce que nous retiendrons c’est que c’était un peu comme si nous avions rencontré un artiste, un vrai artiste. L’un de ceux qui arrivent à innover, à créer et à mélanger les styles musicaux sans jamais paraître fatigué ou désabusé. Et le point culminant de toute cette histoire, c’est qu’Amir Mohamed el Khalifa nous a donné l’impression pendant une heure et demie de kiffer faire le show autant que le public semble avoir apprécié le concert. Magique.

Stay Fresh, Your Mind Must Be Free, Touchy Beats & NouhotÒ Lyrics !

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