Danny Brown x Vic Mensa - Live Report

Danny Brown x Vic Mensa – Live Report

Samedi 1er Mars, cinq mois après la sortie d’OldDanny Brown avait donné rendez-vous à ses fans français au Bataclan pour un concert qu’on estimait déjà énervé avant que Vic Mensa ne se rajoute à l’affiche pour l’accompagner dans ses joutes européennes en guise de première partie. Par manque de ventes, c’est finalement deux jours avant le concert qu’on apprend que le rappeur de Detroit fera finalement son déplacement au Trabendo. Petite déception qu’on finira par oublier.

Alors que la RATP nous bloquait pendant de nombreuses minutes dans le RER, on avait déjà peur de rater la première partie du gars de SaveMoney. Mais finalement, à notre arrivée devant la salle, nous le croisons avec son équipe et il s’arrête même pour nous demander « Which is the hottest song by a french rapper right now ? « , sûrement pour le caler dans son set. Quand un boi venant de Chicago te demande cela, même s’il est plus ou moins éloigné du délire Chiraq, Drill Music et compagnie, tu te sens obligé de t’orienter vers la scène rap Trap française. Et là, il n’y a pas une multitude de choix : il te faut un morceau efficace, qui a déjà fait ses preuves de retournement bestial de salles ou de clubs, et connu de tous à la fois, histoire de ne pas gester tout seul au moment où il le passera. Tu oublies ton lourd mais secret morceau d’EspiiemKilimandjaro et tu réponds sans hésitation, une track qui aura marqué de toute part l’année 2013, même si quelques sceptiques subsistent : Kaaris – Zoo. Avec plus d’onze millions de vues sur YouTube et l’impact qu’a pu avoir le morceau, difficile de sortir autre chose de manière honnête.

Peu de temps après, le DJ de Vic Mensa se pose dans la salle enchaînant entre autres Hands On The Wheel ou les tubes made in Chiraq (faut bien représenter la city) : Love Sosa de Chief Keef par exemple. Classique, mais toujours efficace lorsque les basses viennent te frapper la tête. Arrivée de Vic Mensa. En commençant par son fameux freestyle sur le When The Fire Starts To Burn de Disclosure, il montre directement à ceux qui ne le connaissaient pas encore sa palette diversifiée. Dès les premières minutes, nous ressentons directement que le gars a une présence scénique de qualité comme sur Feel That, son nouveau tube en puissance. Après avoir enchaîné avec des extraits de la Innanetape, comme Hollywood L.A, Tweakin’ ou Orange Soda, il finira par sortir le petit Zoo, plutôt curieux de voir comment les gens réagiraient. La réponse ne se fera pas attendre. Retournement de fosse de façon bestial comme à chaque retentissement de cette instru de Therapy. Les ricains auront bel et bien gesté leurs têtes sur du Kaaris, et oui, impact international. Il en profitera pour enchaîner sur son YNSP et foutre un bordel en faisant un petit tour en fosse notamment.

La fin de sa première partie se terminera par quelques morceaux plus doux dédicacés pour les femmes présentes dans la salle comme tout bon rappeur ricain qui se respecte. Il prendra même le temps de prendre une photo avec le public faisant le signe de Save Money. Vraie réussite pour un mec qui passe des rues de Chiraq à tourner dans toute l’Europe à seulement 20 ans. A quand la tournée avec Chance The Rapper ?

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Après une petite pause rafraîchissement, place à l’expérience de Danny Brown. SKYWLKR, le DJ et producteur du crew Bruiser Brigade, commencera par chauffer le public avec du Waka Flocka. Opération réussie, ça fera gester la foule. Entre quelques petits bruitages façon MSN Messenger, qui nous rappelait nos plus belles années, l’instru de Break It retentit. Les lumières s’éteignent et Danny Brown apparaît sur scène, les yeux bien cachés derrière des lunettes façon Retro SuperFuture. On découvrira un peu plus tard que ses yeux étaient durement endommagés par les effets de la drogue. Le son avec AraabMuzik, qui était sur la tape de Fool’s Gold l’an dernier, Molly Ringwald enchaînera derrière avant de déboucher sur un Smokin’ And Drinkin’ explosif repris en boucle par la foule. Le weirdo de Detroit entre directement dans le vif, intensité au max et ne laisse que peu de temps de répits pour reprendre son souffle. Pas le temps de tergiverser avec ce genre de banger électro-rap, ça doit partir en Moshpit obligatoirement. C’est là qu’on regrette de ne pas connaître sur le bout des lèvres toutes les lyrics des rappeurs qui passent histoire de gueuler le plus fort possible chaque phase débitée.

Les basses à fond, on aura le droit aux Express Yourself, produit par Trampy, Blueberry (Pills & Cocaine), le morceau fait l’an dernier pour Noisey, Handstand et Lie4, tous les quatres aux refrains efficaces, surtout pour de la scène. « What the fuck I got to lie4 ? ». Moment Income Tax Swag. Un gars réussira même à monter sur scène pour jumper avec Danny Brown, qui écarta le vigile en lui lâchant un petit « I’m good » pas du tout étonnant de sa part. Enchaînement de bangers encore une fois, avant de passer sur une partie plus calme, sur laquelle il démontrera sa capacité à rapper acapella sur la deuxième partie de la track I Will pendant que tout le monde prenait le rythme en tapant dans les mains. Une vraie performance. Fin de la partie calme, retour à ce qui fait la saveur de la musique de Danny Brown, ces morceaux aux basses surpuissantes et aux rythmes qui te font croire que tu es dans un état second sans même avoir consommé.

Avant de démarrer Side B (Dope Song), il fera une invitation à faire la fête. Petit blanc, coupure de lumière durant quelques secondes et c’est parti pour un enchaînement de haut-vol. Dope Song, Dope Song. Ca pousse dans tous les sens, tes partners disparaissent dans la foule, on sent qu’on rentre dans la partie la plus agitée du show. Witit et Jealousy suivent, moins repris mais tout aussi entraînants avant d’enchaîner sur le son sur lequel il s’était fait sucer par une groupie en live y’a de ça un peu moins d’un an, Monopoly. L’ambiance est là, avant que Blunt After Blunt démarre et que le refrain soit repris par le public quatre fois d’affilée, épuisant d’ailleurs. Kush Coma, l’un des morceaux les plus marquants d’Old, suivra avec 25 Bucks. Ce genre de combo qui passe tout seul et fait bouger la tête dans tous les sens sans raisons apparentes. Le final sera sur DIP, on a réussi à dénicher une petite vidéo, même si elle est de mauvaise qualité, qui vous permettra de vous faire une petite idée sur l’atmosphère ultra-chaude du Trabendo, synonyme d’ultra-sueur également.

Après DIP, on restera un peu sur notre faim. Le public tente un rappel, mais rien n’y fait cet escroc ne veut pas revenir. 30 balles, ça peut faire un peu cher pour une petite heure de concert. On aurait aimé voir un peu plus du répertoire qu’a Danny Brown, notamment avec Old, qu’il est censé promouvoir ici. Dommage qu’il ait un peu trop jouer la rock star sur ce coup-là, mais faut croire que ça fait parti du personnage. Heureusement, l’intensité était à son point culminant du début à la fin. Un point positif pour finir, c’était plutôt un show Danny Brown + Vic Mensa qu’un simple concert du boi à la dentition esquintée.

Gabz & Sanaa !

Remerciements à MPC Promo pour l’invitation.

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