Ces Classiques Méconnus #9 - Capital Punishment

Ces Classiques Méconnus #9 – Capital Punishment

Nouveau tour d’horizon d’un album classique du rap jeu américain avec ce Capital Punishment du rappeur Big Pun, malheureusement décédé à ce jour après une crise cardiaque. Malgré le fait que peu le connaissait avant sa mort, il aura marqué le Hip-Hop new yorkais à force de punchlines démentielles et un flow toujours plus fou. L’album atterrira à la cinquième place du Billboard lors de sa première semaine de vente et aura même été nommé pour les Grammy, mais a perdu face au Vol. 2… Hardknock Life de Jay-Z. Il est également le premier rappeur solo latino à avoir été disque de platine grâce à ce projet.

S’il fallait décrire l’album Capital Punishment, sorti le 28 avril 1998, en un seul mot, on choisirait forcément le mot cohérent. Aussi bien dans sa réalisation technique qu’artistique. Et pour vous le prouvez, pas besoin d’y aller par quatre chemin, il vous suffit d’écouter les rimes du rappeur d’origines portoricaines. Mais plus que les paroles très travaillées, c’est l’attention qu’il portait aux accentuations qui choquent. Quelque part, on peut retrouver cette logique dans le fait que sa langue maternelle soit l’espagnole, qui, comme le français ou l’italien, ne permet pas de mâcher les mots contrairement à l’anglais. Et puis, ce sont des langues latines, forcément plus poétiques.

Sur sa livraison, on peut à la fois retrouver des classiques street tels que Twinz ’98 que des morceaux bien plus mélodiques tel que Still Not A Player. La liste d’invités est longue comme un bras et reflète à merveille la qualité et la diversité du rap New Yorkais – et d’ailleurs – de l’époque. Parmi eux, Black Thought, Wyclef Jean, Fat Joe, Cuban Link, Inspectah Deck, Armaggedon, Funkmaster Flex, Prospect, Dead Prez, Prodigy ou encore Busta Rhymes.

Capital Punishment n’est peut-être pas le meilleur album de l’année 1998, mais il brille toujours aujourd’hui par son impact et le reflet qu’il a eu sur la génération 90’s. Je prends pour exemple ce morceau avec Black Thought, Super Lyrical, qui marque la mode de l’époque de faire des morceaux à la fois intellectuels et extrêmement techniques. D’autres morceaux, comme Tres Leches (Triboro Trilogy) en featuring avec Deck et Prodigy et produit par la légende qu’est RZA reflète quant à lui le son underground unique de New York. On remarque également celui réalisé avec Wyclef, Carribean Connection, qui apporte une touche internationale non négligeable. Comme pour marquer à la fois son époque et le futur. Bien que l’album pue le son de NYC, on sent également du changement, ce qui n’est pas si étonnant venant d’un rappeur latino. Aujourd’hui, quinze années plus tard donc, l’album marque toujours les esprits de ceux qui le découvrent.

Stay Fresh, Touchy Beats !

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