Ces classiques méconnus #6 – Lost

Nous sommes en 1998, l’été approche. Le hip-hop tourne à plein régime, les albums de qualités s’enchaînent et de nombreux artistes fleurissent de part et d’autre. Parmi ceux qui se sont imposés depuis un petit bout de temps, on retrouve le groupe de sudistes 8Ball & MJG, qui a d’ailleurs déjà balancé quatre albums lorsque le premier solo d’8Ball voit le jour, le 19 mai 1998. Le sud commence à foutre tout le monde d’accord, et ce double (triple si l’on compte le recueil comprenant les rappeurs du label) album contribuera à faire comprendre que cette scène est au top, au même point que Los Angeles ou NYC, dans le milieu rap.

Depuis que Tupac avait ouvert la voie avec son double opus All Eyez On Me, les albums marathons étaient devenus monnaie courante en un rien de temps. Pour tout rappeur qui se respectait, il fallait à tout prix sortir le maximum de sons pour se faire une place au soleil. C’est donc dans cette logique qu’8Ball balance son triple album Lost en 1998, à l’aube du changement internet. Le troisième disque, néanmoins, est en réalité un moyen d’exposer les artistes d’alors du label Suave House. Mais c’est justement là qu’on retrouve la force du projet, cette diversité et ce nombre impressionnants de kickeurs qui se rassemblent pour balancer toutes leurs tripes au micro. Psycho Drama, MJG, Goodie Mob, Busta Rhymes, E-40, Bun B, Master P, Redman et j’en passe apparaissent à tour de rôle sur les deux premiers disques. Le troisième, quant à lui, est gravé de voix de rappeurs  underground importants des années 90, qui s’offrent le luxe d’enchaîner un nombre impressionnant de couplets démentiels. Parmi eux, on peut retrouver Too $hort, Canibus, McGruff, Thorough ou encore Fa Sho. Un must-have.

Bien qu’il s’agisse de son premier effort sans son compère MJG, 8Ball reprend la formule qui marche. Celle qui l’aura mené au succès : un gros son bien sudiste, de la codéine, de la bagnole, des contes du ghetto à outrance et ces riffs gangstas sudistes qui traumatisent aujourd’hui encore plus d’un cerveau chaque jour dans l’univers. Ces hymnes que sont Backyard Mississippi, avec Goodie Mob, funky à souhait, Ball And Bun, avec Bun B, parfait pour rider la street dans sa Cadillac ou sa Chevrolet, ou encore le bouleversant My Homies Girlfriend sauront à coup sûr vous convaincre de l’efficacité du rappeur de Memphis.

L’album sera plus tard certifié double disque de platine, une récompense bien méritée. Pour ceux qui ne connaissent pas ou trop peu cette scène sudiste des années 90, Lost est le meilleur moyen de s’y mettre. Vous devinerez également qu’il s’agit d’une des influences les plus importante de Big K.R.I.T., qui vient lui aussi du Mississippi. Difficile pour tout être humain de digérer correctement l’écoute de ce triple opus.

Stay Fresh, Touchy Beats !

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