Bienvenue dans l'univers des Flatbush Zombies !

Bienvenue dans l’univers des Flatbush Zombies !

De nos jours, New York est l’une des villes les plus appréciée dans le monde pour la culture américaine qu’elle incarne. Mais son côté manufacture créatrice de talent dans le milieu hip-hop fait également partie de son charme. La concentration de rappeurs et chanteurs reconnus – ou en devenir – qui s’y trouve est particulièrement impressionnante. Parmi ces artistes, on retrouve le groupe Flatbush Zombies. Vous avez peut-être déjà entendu ce nom, ou pas, et vous voulez les découvrir ou en savoir plus sur ce trio d’exception made in Brooklyn ? Nous allons tenter de vous faire pénétrer dans leur monde où sexe et drogues sont monnaies courantes.

Les origines du groupe

Flatbush Zombies, c’est avant tout une bande de trois potes originaires de l’un des cinq borough de New York, Brooklyn. Le groupe est constitué de Meechy Darko, Zombie Juice et Erick Arc Elliot. Les trois entités sont facilement reconnaissables, que ce soit d’un point de vue physique ou musical. Vous verrez souvent Meechy se pavaner avec le maillot de l’une des meilleures franchises NBA de la côte Est du moment, les New York Knicks. Son timbre de voix grave vous fera sûrement penser à celui de Ja Rule ou DMX. Le petit aux cheveux court et à la longue barbe, c’est Juice. Il est, lui aussi, fanatique de basket et arbore régulièrement le maillot de l’équipe NBA la plus populaire du monde, les Los Angeles Lakers. Enfin, il y a Erick. Lui, il se différencie des deux autres, principalement quand l’envie lui prend de saisir le micro car sa voix semble plus calme et posée que celles de Meechy et Juice.

Mais alors, leur nom de groupe, d’où vient-il ? La réponse est toute simple. Flatbush, qui appartenait autrefois aux Néerlandais, c’est le nom du quartier de Brooklyn dans lequel les trois acolytes ont grandi. Le coin est célèbre pour l’American Crack Epidimic et le gros trafic de drogue qu’il a subit, comme beaucoup d’autres villes des US durant la fin des années 80 et le début des 90’s, mais aussi pour les nombreux gangs et le fort taux de criminalité dans ce district. Heureusement, Brooklyn, ce n’est plus ce que c’était auparavant, le côté thug s’étant éclipsé au profit du côté artistique et populaire, un peu à la manière d’un Belleville français. Flatbush est même devenu un quartier plutôt tranquille. Maintenant, pourquoi Zombies ? Concrètement, c’est parce que c’est une identité qui représente à merveille les Tres Amigos. Rassurez-vous, ils n’incarnent pas les célèbres morts-vivant qui viendraient nous grailler la nuit pour se remplir la panse en période apocalyptique. Eux, ce sont plutôt des zombies cools et très spéciaux, donc rien que vous n’ayez déjà vu dans les divers films d’horreur que vous avez pu déguster jusqu’alors. Les zombies qu’incarnent Meechy DarkoZombie Juice et Erick Arc Elliot, défoncés du matin au soir, ou du soir au matin comme vous voulez, vouent un culte à Marie Jeanne et à toutes ses drogues cousines. Vous l’aurez rapidement compris, leurs lyrics se concentrent sur l’or vert, mais ce n’est pas tout. Ils ont une autre passion, le sexe. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le groupe entretient des liens privilégiés avec l’A$AP Mob, avec lesquels ils apparaissent en feat sur Bath Salt. Le mélange du côté green des Flatbush Zombies et du délire purple de la Mob est évidemment explosif.

Les trois zombies les plus foncedés de la planète se connaissent depuis leur plus jeune âge. Meechy n’avait que quatre ans quand il a rencontré Erick. En effet, tous deux habitaient à quelques pâtés de maisons l’un de l’autre. Ils ont fait la connaissance de Juice lorsqu’ils étaient au Fourth Grade, l’équivalent de notre CM1. Erick fut le premier à s’intéresser à la musique. Le Wu-Tang, John Lennon, Jay-Z, Gil Scott Heron et System Of A Down l’ont bercé durant toute son enfance et ce sont les principales influences qu’il cite régulièrement en interview. Le reste, c’est une histoire d’engrenage. En voyant leur pote plongé dans la musique, Meechy et Juice le suivirent à leur tour. Rien de bien compliqué donc, le groupe s’est formé ainsi. Erick se chargeait de produire tandis que Meechy et Juice s’occupaient en kickant salement et sans relâche sur les instrus que leur pote leur balançait, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

Erick Arc Elliott : noir., renvoi., almost remebered.

Bien qu’Erick soit le producteur attitré du groupe, le génie ne s’est pas arrêté là puisqu’il pose également. Et, sans réelle surprise, il déchire tout dans les deux exercices. Pour dire vrai, il est très difficile de déterminer dans quelle activité il excelle le plus. La dimension qu’il apporte avec ses instrus ou son flow rapide permet de vite accrocher à son travail ou au groupe.

Il a déjà sorti en solo trois disques digitaux commerciaux avant de se lancer dans son premier projet de groupe avec ses acolytes. Lorsque l’on écoute les trois skeuds, on remarque tout de suite une différence de taille au niveau des prods en comparaison avec celles qui apparaissent sur D.R.U.G.S., dont nous parlerons plus loin. Mais croyez-nous, c’est tout aussi efficace. La première, intitulée noir. (que vous pouvez écouter et télécharger ici) a été balancé le 1er janvier 2010. Tout au long des quinze tracks, Erick nous transporte dans son monde. Les mélodies sont prédominantes et le tempo est relativement lent, mais le talent est déjà là. Quelques mois plus tard, en août 2010 donc, sa deuxième mixtape, renvoi. est disponible sur internet (suivez ce lien pour vous la procurez). Cette fois-ci, c’est différent. Non seulement au niveau du contenu mais également de la réalisation. En effet, le disque ne comporte que neuf morceaux qu’il a juste retiré de ses réserves personnelles afin de sortir un projet complet. L’enregistrement de certains de ces sons remonte même à 2008, pour dire. almost remembered, que l’on vous conseille d’écouter et télécharger en suivant ce lien, voit le jour en juin 2011. C’est le projet le plus abouti et réussi de l’artiste en solo. On sent rapidement qu’Erick a tenté d’innover, et se dépasser, afin d’offrir aux fans un contenu de qualité. Et, il faut le dire, c’est mission plus que réussi. Une moitié de la tape a été réalisée dans un studio d’enregistrement professionnel tandis que l’autre partie fut écrite et enregistrée dans sa propre piaule. Autre innovation pour le rappeur et producteur de Brooklyn, au contraire de noir. et renvoi., almost remembered comporte des featurings. Ainsi, on peut retrouver Kaya qui s’occupe généralement des hooks sur de nombreux morceaux tels que Pimptroduction, Almost Forgotten, Keys ou encore l’excellent Sorry (But I Gotta Go). Mais elle n’est pas seule. Harlem Childrens sur Family Matters, Hellacopter City sur Bad Habit et East 31st Street sur Uncle Bernard viennent compléter la palette d’artistes à disposition du membre de Flatbush Zombies. Sans oublier, bien entendu, les plus importants, Meechy et Juice, qui viennent suppléer leur pote sur Sleep, seul morceau des trois disques ou le groupe est réuni au complet pour une track. Plus personnel, il a réalisé ce projet pour que les fans en apprennent davantage sur sa personnalité, son passé et son vécu. Les sonorités mélodieuses et les influences hip-hop et soul d’Erick sont évidemment omniprésentes. L’écoute d’almost remembered est vraiment agréable, si agréable qu’on ne peut s’empêcher d’appuyer sur le bouton replay lorsque la tape se termine. A écouter en boucle, sans modération.

Erick avait également parlé il y a pas mal temps de la sortie d’un album intitulé Been Here Before dont on ne connaît pas grand-chose, hormis la confirmation d’une track, FRENCH, qui serait produite par Soundmen.

Le début de la gloire avec D.R.U.G.S.

C’est en janvier 2012 que les Flatbush Zombies commencent à se faire une place dans le rap game et que leur nom résonne dans les rues et sur le net, du moins aux États-Unis. C’est dans le même temps que sort le clip de Thug Waffle. Meechy révélera que c’est l’un des morceaux que le groupe aime le moins. Mais c’est bel et bien cet hymne à la défonce qui va lancer leur carrière. Les deux compères Meechy et Juice s’enfilent des gaufres mélangées à des blunts dans la vidéo, comme vous pouvez le constater au-dessous.

En juillet dernier, les trois zombies de Brooklyn balancent gratuitement sur le net leur premier projet en groupe, une mixtape de 16 titres, D.R.U.G.S., que vous pouvez récupérer gratuitement par là. La réalisation de ce projet aura duré deux ans. Les trois potes se sont enfermés dans une chambre en darwa total de 2010 à 2012, et c’est ce qui leur aura servi de studio d’enregistrement. On peut même dire que l’ambiance de la pièce est omniprésente quand on écoute le projet en détail. La réalisation de cette tape leur a permis de se livrer de façon autonome et sincère, sans qu’aucune maison de disque ne puisse dicter ses règles, problème malheureusement récurrent de nos jours avec les artistes fraîchement signés sur Major. De trop nombreux rappeurs sont signés sur de gros labels et reçoivent des Directeurs Artistiques qui leur imposent de s’ouvrir vers des sonorités plaisantes au plus grand nombre. La liberté artistique et la sincérité sont des valeurs fondamentales du hip-hop, mais l’industrie privilégie évidemment l’aspect commercial. Les zombies n’ont pas sortis D.R.U.G.S. pour l’amour de l’argent, mais bien pour l’amour de l’art et de la musique.

Vous vous en doutez, la drogue et le sexe sont évidemment les thèmes principaux abordés tout le long de la tape. Mais Erick, Meechy et Juice parlent également d’eux de façon plus personnelle. Dans une interview, Meechy explique que : le concept et l’idée de D.R.U.G.S. nous sont venus en vivant notre vie, sans être influencé par untel ou untel, mais de s’influencer pour être soi-même. Je ne vous dis pas de consommer de la drogue, je vous explique juste ce que je vis, comment est ma vie, comment se déroule notre vie.

Le bordel est entièrement produit par Erick, à l’exception d’Al Bundy, morceau sur lequel Meechy s’essaie au beatmaking. Au niveau des featurings, les Flatbush Zombies ont invité Kilo Kish, Uncle Nephew et Kaya. A travers les 16 tracks, les trois morts vivants nous font planer avec JupiterSound, redescendre sur terre avec les beats plus sombres de The Fun Song ou Devil & Us avant de nous faire redécoller une nouvelle fois grâce au fond sonore electro de S.C.O.S.A.. On vous laisse écouter Mary, Nothing Above Thee (sans doute l’une des chansons les plus réussie de la tape), son sur lequel Meechy et Juice personnifient la marijuana et lui font une déclaration d’amour touchante.

Le futur projet, Better Off Dead

Après le succès de D.R.U.G.S., les Flatbush Zombies sont attendus au tournant et se doivent de confirmer en sortant quelque chose à la hauteur. Depuis quelques mois maintenant, Erick, Meechy et Juice parlent de la sortie d’une nouvelle mixtape, Better Off Dead. Aucune date officielle n’a été confirmée, mais ce qui est sûr c’est qu’elle devrait voir le jour très prochainement. Évidemment, les fans risquent d’en être ravis. Deux musiques ont déjà été dévoilées : When In Roam où l’on retrouve Erick et Meechy sur une instru plutôt calme accompagnée d’un piano, et MRAZ où les trois zombies sont réunis. Le clip a d’ailleurs été dévoilé il y a deux semaines environ. D’après ces deux premiers extraits, le second projet du groupe sent bon la verte… Affaire à suivre.

En attendant la sortie de Better Off Dead, Flatbush Zombies se retrouvent en tournée avec leur famille from BrooklynJoey Bada$$ qu’on ne présente plus désormais, et The Underachievers, duo très prometteur composé d’Issa Dash et AK, se présenteront sur scène aux côtés du trio pour le Beast Coastal Tour. Pas de passage en France malheureusement, ni dans toute l’Europe d’ailleurs. Durant un mois et demi, ils sillonneront les États-Unis avant de terminer par un passage de cinq dates en Australie. Dans tous les cas, une chose est sûre, lorsque l’on pénètre dans la bulle psychédélique des Flatbush Zombies, il faut s’attendre à ne plus jamais vouloir en ressortir.

Jade

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